Description
John Albechaalany, chercheur à Bordeaux Sciences Agro, en collaboration avec AgroParisTech-INRAE, Agroscope (Suisse) et Empa, a participé au développement de BeefPOP, le premier modèle mécaniste capable de simuler, congénère par congénère, comment les polychlorobiphényles (PCBs) s’accumulent et s’éliminent dans les tissus des bovins en croissance.
Pourquoi c'est important
En Europe, près de 90 % de l’exposition humaine aux PCBs provient des aliments d’origine animale, et la viande bovine y contribue significativement. Malgré leur interdiction depuis les années 1970, ces contaminants persistent dans l’environnement et peuvent atteindre les élevages via des peintures de bâtiment, des aliments contaminés ou l’ingestion de sol pollué. Gérer ces épisodes de contamination nécessite des outils prédictifs précis.
Ce que montre ce travail
Le modèle couple la physiologie de croissance bovine (race, régime, vitesse d’engraissement) avec une description mécaniste de l’absorption et de la distribution des PCBs dans les tissus. Appliqué à 18 scénarios prospectifs, BeefPOP montre que la vitesse de croissance est le premier facteur d’accumulation des PCBs : les animaux à croissance rapide diluent les contaminants plus efficacement grâce à un dépôt lipidique plus intense et une durée d’engraissement plus courte. Le modèle prédit les concentrations tissulaires avec un coefficient de détermination supérieur à 0,79 et des écarts inférieurs à 1,4× les valeurs observées.
Un outil pour la filière
BeefPOP est conçu pour aider à estimer les périodes de retrait avant abattage et à évaluer des stratégies de gestion en cas de contamination. Son code est disponible en accès libre sur Zenodo (doi.org/10.5281/zenodo.17600518) et son intégration est prévue sur la plateforme européenne ConTrans (BfR, Berlin).
Publication : Tiercin et al., Environment International, vol. 210, 2026 — doi.org/10.1016/j.envint.2026.110193