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Wilfrid Groizard

“Le mastère spécialisé : le programme qui a permis d’élever mon niveau de jeu”

Wilfrid Groizard - Directeur général adjoint du château Latour-Martillac

Vigne & Vin Mastère spécialisé

Bonjour, Wilfried Groisart, je suis le directeur général adjoint du château Latour-Martillac,
donc un cru classé de Graves en appellation Pessac-Léognan.
Je travaille à la propriété depuis fin d’année 2013 et j’ai fait le master en 2018-2019.
Le château Latour-Martillac, c’est une propriété familiale qui appartient à la famille Kressmann depuis 1930, bientôt centenaire.
Le vignoble fait un peu plus de 50 hectares de vignes, 80% de vignes de rouge et 20% de vignes de blanc.
Alors, sur cette formation, j’ai été recruté en 2013 avec la perspective de prendre la direction de la propriété.
Moi, j’ai une formation initiale qui n’a rien à voir avec l’univers du vin.
J’ai fait une formation, j’ai fini mes études avec un DESS de gestion des télécoms, médias et télévision.
J’ai commencé ma carrière professionnelle dans les médias et j’ai démarré à travailler dans le vin en 2007,
en arrivant sur Bordeaux.
Avant, je n’habitais pas Bordeaux.
Et donc, voilà, dans ce processus de recrutement,
j’ai été recruté d’abord comme directeur commercial et marketing.
Et je me suis rendu compte, au fil des années, qu’il allait me manquer un certain nombre de choses
pour pouvoir prendre la direction du domaine sur les plans techniques, sur les aspects financiers.
Donc, vers début 2018, on a eu des discussions sérieuses avec les dirigeants de l’entreprise
pour trouver la bonne formule, le bon programme de formation pour justement me permettre d’élever mon niveau de jeu.
Et donc, le master est arrivé assez vite dans les possibles formations.
Il y avait des MBA, il y avait un certain nombre de choses.
Mais c’est vrai que sur la dimension concentration de la formation, sur un an,
la formation était également à Bordeaux.
Donc, c’était assez pratique.
Je n’ai pas été remplacé pendant cette année de formation.
Et donc, j’ai pu, pendant les pauses, le soir, continuer de faire mon travail en plus de la formation.
Donc, ce qui m’a plu sur cette formation, c’était qu’il y avait à la fois des aspects gestion.
Et moi, je viens de ma formation initiale étant gestion, mais pas appliquée au vin.
Donc, il y a quand même un certain nombre de règles, de spécifications sur cette formation, sur le monde du vin.
Et puis, des aspects techniques que je maîtrisais, que je ne maîtrisais pas du tout.
Je maîtrise un peu plus, mais je ne suis pas devenu un technicien avec cette formation.
Voilà. Par contre, je sais parler à des techniciens, notamment grâce à cette formation.
Moi, j’ai vraiment eu l’impression qu’il y avait un avant et un après.
Alors, il y avait la famille qui savait pourquoi elle m’avait recruté.
Mais il y avait également les cadres techniques.
Donc, voilà, ce n’était pas forcément évident.
Je n’ai pas eu un parcours professionnel entièrement dédié au monde du vin.
Donc, il y a vraiment eu un avant et un après.
Quand je suis parti à la formation, j’étais vraiment vu comme un directeur commercial.
Et j’ai vraiment ressenti, quand je suis revenu, j’étais le futur directeur de la propriété,
avec une ouverture sur tout un tas de sujets et de problématiques techniques.
Et c’était là où j’avais besoin de monter en compétences.
Dans le cadre de la formation, ce qui était très bien également, c’est que, n’étant pas technicien,
j’ai fait un stage de vinification.
Donc, j’ai fait au château Bechevel pendant un mois, au mois d’octobre 2018,
pendant les vinifications 2018.
Et ça a été très utile aussi de faire des décuvages, de faire toutes les analyses,
de faire les remontages.
Voilà, tous les travaux de chez.
J’ai fait mes gammes aussi au chez.
Et c’était vraiment intéressant.
Donc, voilà, moi, ce que j’ai vraiment trouvé intéressant, c’est cet avant et cet après,
où on a pris du recul aussi sur l’activité et on apprend plein de choses.
Alors, c’est assez difficile de répondre avec un point particulier.
Moi, je noterai plus et je soulignerai plus la globalité de la formation.
C’est enrichissement, en fait, le fait d’aborder tant de sujets variés, techniques,
de dégustation, du chez, comptable, tous ces éléments, ça donne vraiment une grande richesse
et une chance vraiment d’avoir un panorama complet.
Encore une fois, je n’ai pas une carrière entièrement destinée au vin.
Et c’était vraiment intéressant d’avoir tous ces angles de vue.
Il y a eu des qualités des intervenants qui étaient remarquables.
Je me souviens de juristes sur des questions de Beau.
Et ça, on a eu l’occasion aussi de partir quelques jours, visiter des vignobles dans le Languedoc,
avec les professeurs.
Et donc, on a visité des vignobles où c’était des anciens élèves qui avaient appliqué,
qui avaient tracé leur chemin, avaient leurs convictions.
Et c’était hyper intéressant.
C’était vraiment très, très riche.
Parce que bon, il y a une formation où on va donner, on va dire, des principaux jalons.
Mais derrière, c’est après, c’est conviction.
Et il y a autant de possibilités que de vignerons.
Donc ça, c’était remarquable.
On a fait des salons professionnels.
Donc moi, c’est vraiment cette globalité des enseignements, la richesse des intervenants.
Je me souviens d’avoir vu certains de mes clients négociants
qui venaient nous expliquer le rôle du négoce à Bordeaux.
Donc c’était intéressant.
Et un dernier point vraiment important, c’était aussi dans les participants.
Donc nous, on était 16 ou 17 dans la formation avec des parcours très différents.
Des gens, il y avait le plus jeune, sortait de son DNO.
Et donc, il voulait une spécialisation supplémentaire.
Bon, maintenant, il est parti en Ardèche et il fait des excellents vins.
Il fait partie des vignerons prometteurs dans cette région.
Il y avait des personnes en reconversion.
Il y avait des personnes qui devaient reprendre des domaines familiaux,
qui s’interrogeaient, voilà.
Et puis, donc, il y avait des différences.
Et puis, des différences d’âge aussi.
Je me souviens qu’à l’époque, on faisait partie des plus anciens.
Mais il y avait des gens qui étaient dans la quarantaine bien établies
et qui suivaient la formation.
Et puis, il y avait des trentenaires, des jeunes trentenaires.
Donc, c’est aussi très, très riche de travailler.
Parce que vraiment, dans la formation, il y a tout un tas d’ateliers où on travaille ensemble.
Il y a un peu un tirage au sort entre les personnes.
Alors bon, il y en a certains qui bossent plus que d’autres.
Mais on crée des liens.
Et aujourd’hui, moi, je suis toujours en contact avec un certain nombre de personnes.
Et en fait, ça fait un petit réseau supplémentaire avec de l’entraide.
Quand il y en a un ou une qui cherche un boulot.
Voilà.
Quand on entend parler d’eux.
Donc, voilà, on se fait un réseau avec des gens qui ont suivi la même formation,
qui ont des parcours différents, mais avec un partage de sensibilité, de conviction.
Donc, c’était vraiment intéressant.
Et c’est très riche.
La formation a été très riche humainement.
Et il y a eu un large choix de sujets abordés.
C’était vraiment très intéressant.
Je dirais, pour répondre à cette quatrième question, que la formation, elle existe en un an ou deux ans.
Moi, je privilégierais le format un an.
Parce que c’est tellement dense, intense.
Il faut vraiment s’immerger, qu’on soit en réorientation ou en franchissement d’un nouveau stade professionnel.
Moi, je le vois plus sur une formation d’un an.
Par rapport à d’autres formations qui existent, elle est principalement en français aussi.
Donc, c’est confortable quand même pour…
Ce n’est pas la même chose quand on n’est pas anglophone de devoir comprendre des sensibilités en anglais,
où le discours s’applique en français.
Donc, ça, c’est bien.
Et je trouve qu’elle est suffisamment condensée.
Elle est riche parce que, bon, quand on n’est pas technicien, on a un stage de vignif d’un mois.
On a des cours entre novembre et fin avril, il me semble.
Et puis, début mai, on démarre le stage de six mois.
Donc, je trouve que le rythme est bon.
On est pendant l’hiver.
Donc, c’est aussi…
Il y a des choses intéressantes sur les travaux du vignoble pendant l’hiver.
Donc, je dirais que c’est une très bonne formation, mais ce n’est pas elle, ce n’est pas l’alpha et l’oméga.
C’est-à-dire que cette formation, elle s’inscrit dans un projet personnel.
Ce n’est pas elle qui va vous trouver un boulot.
Voilà.
C’est quelque chose qui va parfaire vos connaissances ou vous donner, c’est ce que je dis pour moi, un vernis sur un certain nombre de choses.
C’est-à-dire que sur la taille, je ne vais pas savoir tailler comme les techniciens ou tout un tas de paramètres comme ça.
Mais je suis capable de parler au chef de culture, de discuter.
Et c’est beaucoup de problématiques aussi humaines de gérer des vignerons, des tractoristes.
Voilà, il y a tous ces éléments.
Et aujourd’hui, je suis capable d’avoir ces discussions avec nos techniciens à la propriété.
Et ça permet, voilà, ça s’est rendu possible grâce à la formation.
Donc, je dirais que la formation, elle est très bien.
Et sur le format 1 an, moi, c’est vraiment ce que je recommande.
Mais ce n’est pas elle qui va tout faire.
C’est vraiment, ça s’inscrit dans un projet.
En ce moment, la situation est un peu compliquée dans le vignoble.
Donc, on doit bien s’interroger avant de faire cette formation.
Parce qu’après, on sera lancé.
Une fois qu’on aura fait cette formation, on sera vraiment lancé pour démarrer cette activité de manager de domaine viticole.
Mais il faut bien s’interroger avant sur ses motivations.
Voilà.
Mais c’est en tout cas une bonne formation que je recommande.
Oui, en effet.
En dernier mot, moi, j’aimerais remercier les professeurs qui s’occupent de nous, qui s’occupent bien de nous.
C’est le centre de gestion aussi, où on bosse bien.
On est entre professionnels.
Et c’est vrai que c’était un souvenir.
Et moi, personnellement, c’était un moment charnière un peu dans ma vie.
Et cette formation, c’était beaucoup de partage, d’échange.
Et j’ai vraiment apprécié cette petite parenthèse d’une grosse année en formation comme ça.
Donc, ça reste un bon moment de vie aussi, cette formation.
On est dans la salle d’accueil, de dégustation.
Et puis, notre micro-boutique pour le noturisme.
Et ce qui fait la spécificité de ce lieu, ce sont ces fresques.
Donc là, sur le mur, vous avez en fait la vie à Martillac dans les vieux jours.
Les anglo-saxons diraient les « old days ».
Donc, on a à la fois les travaux divers.
Donc, on voit la taille.
On voit les semis.
Jusque dans les années 70, il y avait des vaches.
Là, on est sur les scènes de vendanges.
Donc, avec Alfred Kressman, le monsieur qui a la moustache noire et le costume bleu,
qui est la personne qui a acheté la propriété pour la famille Kressman.
Donc là, on est sur les scènes de vendanges.
Donc, c’est un vestige d’une petite forteresse qui date du XIIe siècle.
On voit qu’à l’époque, on travaillait avec des chevaux.
C’est la traction animale.
Puis, il y a une Peugeot 402 qui était une des voitures d’Alfred.
Et alors, si vous retournez, et on va regarder ici, on est sur la propriété aujourd’hui.
On voit que la traction animale a été remplacée par des tracteurs.
La tour est toujours en place.
Et puis là, on voit une Peugeot 504 coupée cabriolet,
parce que la famille est très attachée à cette marque de voitures,
sachant qu’ils ont des origines communes.
Donc, voilà.
Et si on revient sur les vieux jours,
on voit l’ancien chai,
où on voit qu’on travaillait déjà dans le passé par gravité.
Donc, on voit les douilles avec le raisin qui tombent dans les pressoirs,
qui étaient des pressoirs manuels.
Voilà.
Donc là, on est sur la scène de vinification.
Au moment des vendanges.
Et la dernière séquence, on voit l’ancien chai de vieillissement.
On voit qu’on avait trois hauteurs de barrique.
Ce n’était pas très pratique pour travailler.
On a une galerie de personnes avec Jean Kressman,
qui est le fils d’Alfred et qui a été aux manettes de la propriété.
Le monsieur à la veste camel, c’est Denis Dubordieu,
qui était consultant et qui a travaillé ici.
Et le monsieur avec le costume noir, c’est Michel Roland,
qui était également consultant ici.
Et jusqu’en 1975, quand nos visiteurs viennent,
on leur explique que les vins partaient en barrique
pour être mis en bouteille chez le négociant.
Donc, jusqu’en 1975.
Et donc, on a l’illustration du Bordeaux d’antan,
avec le porc, les grues.
Et si on regarde aujourd’hui la propriété,
on voit que dans le nouveau chai de 2019,
on a de nouveau ce système de gravité.
On a également un cuvier parcellaire,
parce qu’on a plein de cuves,
deux process différents.
Et puis, le vin maintenant est mis en bouteille à la propriété,
donc qui part en caisse bois ou en carton.
On voit le Bordeaux d’aujourd’hui,
avec la cité du vin, le pont Chabant,
le chai enterré,
et puis les membres de la famille qui travaillent aujourd’hui avec nous sur la propriété.
Donc, on raconte l’histoire de Martillac dans l’ancien temps,
puis ça permet aussi de transférer avec l’histoire d’aujourd’hui.
Et on a eu un prix, notamment pour ces fresques,
un prix des Best of Wine Tourism,
qui est un des trophées de l’autorisme de la Chambre de Commerce.
Donc, on a eu des prix en 2022 et 2023,
et en 2022, c’était notamment pour ces fresques.
et la façon dont on racontait l’histoire de Martillac.

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Marc Plantevin
“From sommelier to studying climate change acting on wine typicity ”

Marc Plantevin - MSc Vineyard and Winery Management Graduate and former PhD Student